Après Hermann et Séra, un troisième grand dessinateur met en images un scénario inspiré à Yves H. par le mythe vampirique de Dracula : Dany, qui signe en novembre Transylvania, dernier volet de la trilogie Sur les traces de Dracula. Entretien.
Castermag’ : Comment le projet de « Transylvania » a-t-il vu le jour ?
Dany : En fait, j’en suis l’initiateur. Cela remonte à 7 ou 8 ans, à la suite d’un premier voyage touristique en Roumanie. En compagnie de mon épouse, j’avais visité une partie du pays en suivant les traces de Jonathan Harker, le personnage qui, dans le roman de Bram Stoker, « découvre » Dracula. De retour chez moi en Belgique, lors d’un dîner amical avec Yves H. et Hermann, j’avais évoqué les émotions, et parfois les frissons, ressentis au cours de ce voyage. Et j’avais commencé, à haute voix, à imaginer une histoire qui revisiterait le mythe de Dracula, à travers le parcours d’un dessinateur parti sur place se documenter sur les vampires. Yves H. m’a écouté en silence, sans commentaires. Et un ou deux mois après, me proposait le synopsis de l’histoire qui deviendrait Transylvania.
De quelle manière votre collaboration s’est-elle déroulée ?
À merveille. Nous avons fait ensemble un deuxième séjour de repérage en Roumanie. Yves a parfois voulu faire évoluer le scénario dans une direction nouvelle, mais c’est moi qui, à chaque fois, le ramenais dans son cadre initial. Je dois dire qu’Yves H. est un scénariste d’une souplesse idéale. Il a l’intelligence de considérer le scénario comme un simple outil, susceptible d’évoluer et de se transformer au fil de la narration.
On ne vous attendait pas sur une histoire de vampire…
… et c’est très bien ainsi ! Depuis toujours, je m’efforce d’échapper aux étiquettes, de casser mon image. Aller vers le réalisme n’était pas forcément mon registre le plus naturel. J’ai pourtant vécu la réalisation de cet album, en couleurs directes, comme un grand moment de plaisir.
Comment vous êtes-vous démarqué des centaines de personnages de vampires qui ont précédé les vôtres ?
Je me suis amusé à jouer avec les clichés, les poncifs. C’est toute la matière de cette histoire : travailler sur la fragilité des perceptions, de telle sorte qu’on ne sache plus très bien faire la distinction entre rêve et réalité.
